Napster, des bouts de ficelle, et de l'IA souveraine
J’etais ado quand nous avons eu notre premier PC. Un Compaq Presario 486 DX4 100Mhz, 8MB de RAM. La quinzaine quand Napster et le format mp3 sont arrives.
Quelle epoque.
Un morceau prenait une heure a telecharger, des fois meme plus. Et pourtant, l’idee qu’on pouvait acceder a plus de musique qu’il y en a a la Fnac, depuis sa chambre, gratuitement… Quelqu’un avait developpe ca, quelque part, et maintenant tout le monde pouvait en profiter. C’etait dingue, une vraie revolution.
Etre l’early adopter qui saute sur la derniere tech et va comprendre comment ca marche, c’est sympa, mais des fois ca pique :D Virus, bugs qui remplacent des features entieres, technologie qui en jette serieusement mais qui flope (le deuil du Sony MiniDisc, dur). Pas grave, ca reste excitant. Au lycee, je montais des PC pour mes potes, leurs parents, le cousin de leur cousin. Juste pour le plaisir de voir la tete de la personne quand ca s’allumait. Tout simplement grisant. Winamp, les forums, l’internet a haut debit, les CD graves… depuis cette epoque, des qu’une nouvelle technologie arrive, je m’y plonge, j’y passe mes nuits et j’en reviens souvent avec l’envie de montrer aux autres les trucs incroyables qu’elle rend possible. C’est mon truc. Je trouve ca trop cool.
Dans ma vingtaine, j’administrais le reseau d’un college, dans les 300 machines, des profs a former, des gamins a accompagner dans leurs premiers pas numeriques. Puis, un nouveau depart a l’etranger, avec du support technique sur des serveurs home media et NAS et des dispositifs medicaux embarques. C’etait toujours le meme process : creuser un sujet a fond, le maitriser, puis rendre les choses accessibles pour ceux qui en ont besoin.
C’est comme ca que j’ai atterri chez Tesla. Par la porte du support technique. On m’a fait confiance. Du client en rade, en passant par le C-level qui avait besoin de rapports strategiques. Et le manager de l’epoque qui m’a recrute comme software product manager alors que je n’avais aucune experience dans ce role. Avec le sourire, il m’a dit : “On va te pousser dans l’ocean. On espere que tu sais nager.” A Tesla, on te donne un bout de ficelle et deux bouts de bois et on te demande de construire un bateau. Apres t’etre sorti de la noyade, tu dois amener tout le monde en voyage a l’autre bout du monde. Ca demande une sacree energie et un bon paquet de resilience, j’ai adore ca !
Avec l’equipe, on a repris la plateforme de facturation maison. On l’a repensee, optimisee, rendue scalable. Le resultat : un produit capable de s’adapter rapidement aux exigences regulatoires et commerciales de 30+ marches, 400 millions d’euros de revenus, et des dizaines de milliers de vehicules livres. Des stakeholders et des clients contents. Cette equipe, on l’a construite en partant de presque rien, et on s’est plutot bien debrouille. J’en suis quand meme bien fier. C’etait aussi complexe qu’exigeant, parfois franchement tendu meme, mais a nouveau, voir tout le monde sourire a l’arrivee, c’etait grisant.
7 ans en tout, puis est venue une reorganisation qui a cree une fenetre de sortie. Ma famille et moi planifions un changement de vie au meme moment. Conscients du risque, mais aussi du bon timing, on a decide de saisir cette opportunite.
Derriere moi, une equipe et un environnement dans lesquels je m’epanouissais reellement. Beaucoup de collegues, d’amis, qui franchement me manquent beaucoup. Ils savent qui ils sont. La transition n’a pas ete aussi simple que je l’avais imagine. Il a fallu du temps pour accepter que c’etait la bonne decision. Plusieurs mois a douter, a postuler ici, la, et la. A essayer de faire valoir mes competences dans un marche de l’emploi un chouia brutal. A me demander si j’aurais du rester.
Pendant ce temps, j’ai repris quelque chose que je faisais depuis toujours, mais que l’intensite de la vie corporate avait force au second plan. J’ai refait mon infrastructure personnelle de A a Z : routeur, serveurs, applications auto-hebergees. Des logiciels open source, des distros Linux, et du bon vieux RJ45. Mais cette fois avec du matos de barbare et de l’IA souveraine, de l’inference locale. Des mois a creuser dans un nouveau trou sans fond, a passer des nouvelles nuits sans fin, a decouvrir des trucs incroyables… elle est pas belle la vie, finalement ? :D
En parallele, j’ai entame une certification en AI Product Management, par des gars de chez Cursor et Anthropic. Identification d’opportunite, strategie, agents IA autonomes, evaluations, RAG… absolument captivant ! En projet optionnel : concevoir un prototype propulse par l’intelligence artificielle. J’ai choisi de developper un vrai produit en y integrant de l’IA locale. Par conviction, pour me challenger, et parce que ce truc je comptais deja le faire pour moi-meme sur ma nouvelle infra de toutes facons.
C’est la que ca a fait tilt.
Les modeles LLM, open source comme cloud, sont juste trop puissants, en plus d’etre facilement accessibles. Tous ces outils avec lesquels on peut les integrer, toutes les portes que ca ouvre. C’est dingue. Encore une vraie revolution. Et peut-etre la plus transformative de toutes. En partageant ce que je developpais autour de moi, en montrant ce qu’il est possible de faire, le constat etait clair. Cette connaissance, ces annees d’experience qui font que j’en suis la aujourd’hui a construire avec l’IA, ca a de la valeur pour les autres. Il fallait y reflechir.
Au lieu de continuer a chercher un poste classique, et comme beaucoup l’ont fait avant moi, j’ai decide de prendre un risque et d’essayer autre chose. Un truc ou je pourrais apporter encore plus de valeur a mes collaborateurs.
Aujourd’hui, je lance STMNA. Product management et transformation IA, de bout en bout. Accompagner les entreprises, analyser les besoins metier et utilisateurs, demystifier ce qui doit l’etre, utiliser mon expertise pour construire les outils et produits qui vont assurer leur competitivite. Et selon les besoins et contraintes, de l’inference locale, des LLMs qui tournent sur leur materiel, avec leurs donnees qui ne sortent jamais de leurs murs. De la souverainete numerique. Comme je sais faire. Ca a du sens… il faut que je le fasse. Avec la meme passion, la meme energie depuis le depart.
Avec la meme stamina.
C’est bien ca, en fait : avec la meme STMNA.